Recul des prix, taux qui remontent, conditions de crédit resserrées : Panique sur l’immobilier ?
Recul des prix, taux qui remontent, conditions de crédit resserrées… Les conclusions de la dernière étude d’Empruntis.com le confirment : le marché immobilier se dégrade. État des lieux.
« La baisse s’accélère et il ne s’agit plus d’une simple régression de la progression des prix, mais bien d’une déflation ». Le constat est clair, et il est dressé par Empruntis.com et le cabinet d’étude Seeds Finance. La dernière étude pilotée conjointement par les deux organismes relève de fait une baisse des prix immobiliers dans l’ancien de 2.7% au troisième trimestre 2008, ce qui a pour conséquence de porter la baisse à -5% pour l’année 2008. La tendance devrait se poursuivre l’année prochaine et même s’accélérer avec un repli prévu entre -9% et -14%. Mais la morosité du marché immobilier hexagonal ne se limite pas qu’à une baisse de ses prix, elle se caractérise également par des tensions au niveau du crédit habitat, tensions dues à la crise des « subprimes » américains.
Quel avenir pour les taux de crédit habitat ?
Facteurs haussiers :
- Trappe à liquidités = Envolée des coûts de financement pour les banques
- Détérioration des risques sous- jacents (montée du chômage, baisse des prix immobiliers,…)
- Les déficits publics vont-ils peser sur les taux d’emprunt d’état ?
Facteurs baissiers :
- Désinflation, baisse du prix des matières premières
- Réponses massives des autorités monétaires et budgétaires
- Fin progressive de la trappe à liquidités ?
- Baisses des taux des OAT
- Crédit habitat reste un produit d’appel pour capter les dépôts
- Concurrence de la Banque Postale
Enquête auprès des partenaires d’Empruntis.com : 5 questions.
- Avez-vous déjà restreint vos critères d’octroi (hors prêt relais) depuis le 1er janvier 2008 ?
La réponse unanime est « non », mais certaines banques mentionnent une application plus stricte des règles en vigueur
- Avez-vous l’intention de le faire, ou au contraire de les élargir ?
Paradoxalement, certaines banques vont assouplir les règles (endettement jusqu’à 38, voire 40%), même si la majorité des banquiers disent ne rien vouloir changer. Il y aura un contrôle accru sur le reste à vivre et une plus grande exigence sur l’apport.
- Quelle est votre position sur les durées longues ?
Avec une belle unité, les banquiers disent être déjà plus prudents sur les durées longues, ou bien vouloir l’être à l’avenir. Deux stratégies : des taux dissuasifs, ou un apport minimal exigé (10 à 20%).
- En cas de baisse des taux sur le marché, quelle serait votre position ?
La majorité des partenaires disent vouloir suivre une éventuelle baisse, la plupart du temps de façon tout à fait homothétique. Il sont en revanche plus nombreux qu’auparavant à nous signaler qu’ils ne vendront plus à perte.
- Quelle est la place du crédit immobilier dans la stratégie globale de la banque ?
La place du crédit habitat aux ménages reste centrale, et principal vecteur de prospection. Si la « conquête » reste le maître mot, nos partenaires assurent encore, à l’occasion de cette question, être plus vigilants sur les risques.
Le crédit immobilier reste au cœur de la stratégie des banques pour conquérir de nouveaux clients. Une analyse plus fine des risques, et des aménagements sur la durée et l’apport devraient contribuer à rendre ce produit rentable, mais toujours attractifs pour la majorité des particuliers.
Mots-clefs : argent, credit, finance, Immobilier

